article 1 avril 2026

Comment gérer son budget en tant qu’aidant

Vous êtes salarié, et en parallèle de votre activité professionnelle, vous accompagnez un parent vieillissant, un enfant en situation de handicap ou un conjoint touché par la maladie. Vous jongler avec les rendez-vous médicaux, les démarches administratives, les transports, les achats spécifiques… et parfois, les fins de mois deviennent compliquées.

Vous n’êtes pas seul dans cette situation. En France, entre 8 et 11 millions de personnes accompagnent régulièrement un proche en perte d’autonomie, du fait de l’âge, d’une maladie ou d’un handicap. (source : CNSA.fr). Et parmi eux, 61 % exercent simultanément une activité professionnelle (France Travail). La question budgétaire est donc centrale, et des réponses concrètes existent.


Voici un tour d’horizon des leviers à activer.

Commencer par faire le point sur sa situation réelle
Avant de chercher des aides, il est essentiel de prendre conscience de l’impact financier de votre rôle d’aidant. Être aidant peut engendrer deux types de conséquences sur votre budget : une baisse de vos revenus si vous réduisez votre temps de travail, et des dépenses supplémentaires liées aux soins, aux transports ou à l’adaptation du logement. Beaucoup d’aidants subissent ces effets sans jamais avoir cartographié leur situation ni demandé à quoi ils avaient droit. Or le taux de recours aux aides dédiées reste inférieur à 50 % selon les dernières estimations (source : CNSA.fr), ce qui signifie qu’une majorité d’aidants passe à côté de soutiens auxquels ils sont pourtant éligibles.

Prendre le temps de faire ce bilan, idéalement avec un travailleur social via le portail officiel 
aidant.gouv.fr ou, grâce à l’application Tilia, vous pouvez prendre rdv avec un assistant social, est la première étape indispensable.

 

Action 1 — Demander l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) 
le deuil a besoin d’un avant et d’un après. Cela peut être un rituel simple et intime, par exemple écrire une lettre à la personne disparue (ce que vous n’avez pas pu dire, ce que vous gardez d’elle), sélectionner un objet symbolique quand vous vous sentez prêt, ou organiser un geste commémoratif avec d’autres proches. L’idée n’est pas « d’oublier », mais de donner une place à la relation autrement.
De nombreux aidants ressentent également une palette d’émotions complexe, parfois contradictoire allant de la tristesse au soulagement, alliant colère, épuisement, et parfois un sentiment de « ne plus servir à rien » une fois que leur aide n’est plus requise.
Action 2 — Mobiliser l’APA ou la PCH pour alléger les dépenses du proche aidé 
Ces deux prestations ne sont pas destinées à l’aidant directement, mais elles peuvent alléger la charge financière globale. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) est versée par le Conseil départemental aux personnes âgées de plus de 60 ans en perte d’autonomie. Elle finance des aides à domicile, du matériel, des aménagements, autant de dépenses qui, sans elle, incomberaient souvent sur l’aidant. La Prestation de Compensation du Handicap (PCH), quant à elle, peut même servir à dédommager l’aidant familial lui-même, à hauteur de 4,70 € de l’heure en 2025 s’il maintient une activité professionnelle, davantage s’il la réduit ou la cesse.
Action 3 — Profiter des avantages fiscaux liés à l’aidance 
Plusieurs mécanismes fiscaux et dispositifs d’aide existent pour alléger votre charge. Si vous financez des services d’aide à domicile chez votre proche, vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt de 50 % sur ces dépenses.
Si vous accueillez un ascendant dépendant à votre domicile, vous pouvez déduire une somme forfaitaire de 4 039 euros par ascendant accueilli (source :
pour les personnes âgées).
Si vous soutenez financièrement un parent dans le besoin en participant au paiement d’un EHPAD par exemple les sommes versées sont déductibles de vos revenus imposables. À noter : si vous êtes simplement aidant dédommagé (via la PCH notamment), les sommes perçues ne sont pas imposables et n’ont pas à être déclarées (source : 
Service-public), ce que beaucoup ignorent.
Pour vérifier votre situation exacte, rendez-vous sur 
service-public.fr.
Pensez également à MaPrimeAdapt’, un dispositif souvent méconnu des aidants alors qu’il peut représenter une aide très concrète. Entrée en vigueur le 1er janvier 2024, MaPrimeAdapt’ est la principale aide de l’État pour l’adaptation des logements : elle remplace trois anciens dispositifs et s’adresse aux personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap pour leur permettre de rester vivre chez elles. (source : 
Ministère de l’Économie).En pratique, cela peut concerner le logement de votre proche et donc alléger directement les dépenses que vous engagez ou anticipez pour lui. Dans la limite d’un plafond de travaux de 22 000 euros hors taxes, la subvention couvre 50 % des travaux pour les ménages aux revenus modestes, et 70 % pour les ménages aux revenus très modestes. (source : Ministère des Solidarités). Les travaux éligibles sont très variés : remplacement d’une baignoire par une douche de plain-pied, installation de barres d’appui, élargissement des portes, monte-escalier, rampe d’accès… MaPrimeAdapt’ est cumulable avec la PCH et les aides locales (source: Service-public), ce qui peut réduire considérablement le reste à charge. La demande s’effectue sur france-renov.gouv.fr ou auprès d’un conseiller France Rénov’ près de chez vous, qui vous accompagnera gratuitement dans les démarches.
Action 4 — Solliciter votre employeur et les dispositifs RH dédiés 
Votre entreprise peut être un soutien financier et organisationnel insoupçonné. Seuls 25 % des salariés aidants osent informer leur management de leur situation, souvent par peur d’être stigmatisés mais se taire a un coût. Certains employeurs proposent des aménagements d’horaires, des congés supplémentaires ou des aides financières ponctuelles. (Financement de CESU, abondement de bourse d’études pour un enfant en situation de handicap, compensation de la perte de salaire en cas de recours à un congé de proche aidant). Renseignez-vous auprès de votre service RH, de votre délégué syndical ou de votre assistante sociale d’entreprise (CSST). Ces interlocuteurs peuvent vous orienter vers des fonds d’action sociale, notamment ceux gérés par votre mutuelle ou votre prévoyance collective. 
Action 5 — Faire un bilan avec un travailleur social 
La complexité des droits existants est l’un des principaux obstacles à leur mobilisation. Le taux de recours aux aides dédiées aux proches aidants reste inférieur à 50 % selon les dernières estimations du CNSA autrement dit, une aide sur deux n’est pas réclamée, faute d’information. Un travailleur social, un Point d’Information Local dédié aux personnes âgées (PILA) ou un Centre Local d’Information et de Coordination (CLIC) peut vous aider à faire le point sur toutes les aides auxquelles vous avez droit pour vous et pour votre proche et vous accompagner dans les démarches. Ce type de bilan est gratuit et peut changer radicalement votre situation budgétaire. De plus dans l’application Tilia vous pouvez réaliser rapidement et simplement votre simulation en ligne !
Un dernier mot 
La gestion du budget en tant qu’aidant nécessite d’aborder le sujet avec son employeur, un professionnel ou sa famille. Cette démarche démontre une prise de conscience et une responsabilité envers soi-même. Des dispositifs adaptés sont disponibles et évoluent favorablement ; il est important d’en tirer pleinement parti. Il est également recommandé de veiller à son propre bien-être tout en assumant ses responsabilités auprès des autres.
Vous êtes salarié et proche aidant ? Vous accompagnez un proche en perte d’autonomie liée à l’âge, la maladie ou une situation de handicap ?
Toute l’équipe Tilia se mobilise pour vous apporter des conseils pratiques tout au long de l’année grâce à nos articles mais également si vous bénéficiez de notre dispositif humain et digital, n’hésitez pas à faire appel aux conseillers sociaux et assistants personnels à votre disposition !
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