Lorsqu’un salarié assume un rôle d’aidant, le décès de la personne accompagnée ne suscite pas uniquement une réaction de deuil habituel. Elle peut aussi laisser un vide d’organisation, de rôle et de sens : du jour au lendemain, ce qui structurait vos semaines (appels, démarches, soins, vigilance) s’arrête.
Ce type de choc est d’autant plus fréquent, notamment chez les aidants qui assument simultanément plusieurs responsabilités (professionnelles, familiales et de proche aidant).
Voici différentes démarches que vous pouvez entreprendre afin de faire face à votre deuil.
1 – Vous autoriser un temps « administratif et émotionnel » sans culpabilité : prévenir l’employeur, poser des jours, alléger votre charge. Selon votre situation familiale, il existe des congés pour événements familiaux, et, dans certains cas spécifiques, un congé de deuil (notamment en cas de décès d’un enfant de moins de 25 ans). Même si ces dispositifs ne couvrent pas toutes les situations d’aidance, connaître vos droits permet de réduire la pression immédiate et d’éviter de subir en silence. Source :Service-Public.fr.
2 – Marquer une transition : le deuil a besoin d’un avant et d’un après. Cela peut être un rituel simple et intime, par exemple écrire une lettre à la personne disparue (ce que vous n’avez pas pu dire, ce que vous gardez d’elle), sélectionner un objet symbolique quand vous vous sentez prêt, ou organiser un geste commémoratif avec d’autres proches. L’idée n’est pas « d’oublier », mais de donner une place à la relation autrement.
De nombreux aidants ressentent également une palette d’émotions complexe, parfois contradictoire allant de la tristesse au soulagement, alliant colère, épuisement, et parfois un sentiment de « ne plus servir à rien » une fois que leur aide n’est plus requise.
3 – Remettre du soutien là où l’aidance avait pris toute la place : reprendre contact avec une personne de confiance, accepter qu’un collègue prennent le relais sur une période courte, ou rejoindre un espace de parole. Lorsque la souffrance devient particulièrement envahissante et que l’activité quotidienne s’en trouve significativement affectée, il est recommandé de solliciter une assistance professionnelle. Les classifications internationales distinguent le deuil habituel d’un trouble de deuil prolongé : les estimations varient, mais l’APA indique qu’environ 4 % à 15 % des adultes endeuillés présenteraient des symptômes persistants et invalidants. (Source : American Psychiatric Association)
4-Identifier certains signes d’alerte, non pas dans une optique d’auto-diagnostic, mais afin de déterminer le moment opportun pour solliciter un accompagnement professionnel : isolement important, évitement systématique de tout ce qui évoque la personne concernée, sentiment persistant d’absence de sens à la vie, difficulté à se projeter, ou souffrance durable qui perturbe significativement l’activité professionnelle et la vie personnelle. Des prises en charge existent : des traitements intégrant des éléments de thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et certaines interventions structurées peuvent réduire les symptômes, y compris via des formats en ligne encadrés.
5 – Redéfinir progressivement votre place au travail.
Sur le plan professionnel, le congé de proche aidant, prévu par le Code du travail, permet de suspendre temporairement son activité pour accompagner un proche dépendant. Les conditions sont détaillées sur Service-Public.fr .Ce congé peut être indemnisé via l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA), versée par la CAF ou la MSA (CAF.fr, 2023). Connaître ces droits à l’avance permet d’agir rapidement si la situation l’exige.