JNA – Être aidant et travailler : trouver son équilibre, à sa manière

Aider un proche et travailler en même temps, c’est une réalité pour de nombreux salariés. Cela peut demander de l’organisation, de la souplesse et parfois des ajustements. Mais être aidant ne signifie pas forcément être en difficulté au travail.

On peut être aidant pendant quelques mois ou pendant plusieurs années. Aider un parent, un conjoint, un enfant, un proche malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie. Aider beaucoup, ou seulement ponctuellement. Il n’existe donc pas une seule façon d’être aidant. Et surtout, il n’existe pas une seule façon de concilier aidance et travail. L’important est de pouvoir trouver, lorsque cela devient nécessaire, les solutions qui correspondent à sa situation et qui peuvent évoluer avec elle.

Aidant… parfois sans le savoir

On associe souvent le mot « aidant » à une situation très lourde ou à une présence quotidienne auprès d’un proche. En réalité, l’aide peut prendre des formes très différentes. Cela peut être :

  • accompagner un proche à un rendez-vous médical 
  • gérer des démarches administratives 
  • organiser des soins ou des interventions à domicile 
  • faire les courses ou les repas 
  • aider financièrement 
  • être disponible en cas d’urgence 
  • accompagner un proche dans ses déplacements
  • simplement être présent et apporter un soutien régulier.
 

Certaines personnes se reconnaissent immédiatement dans le terme « aidant ». D’autres ne se considèrent pas comme telles. Il n’est pas nécessaire de se sentir “aidant” pour avoir besoin, à un moment donné, d’un peu plus de souplesse dans son travail.

Une situation personnelle qui peut avoir des effets très concrets au travail

En moyenne, les salariés aidants interrogés dans cette 4ème édition du Baromètre Aider & Travailler consacrent en 2026 14 heures par semaine à l’aide. Pour certains, cette organisation fonctionne bien. Pour d’autres, elle devient plus difficile à tenir à certaines périodes. Un rendez-vous qui tombe pendant les heures de travail. Une nuit plus courte. Un appel urgent. Une absence imprévue. Une semaine particulièrement chargée. Une situation familiale qui évolue. Ces événements peuvent avoir des conséquences très concrètes :

  • avoir plus de mal à organiser sa journée 
  • devoir modifier ses horaires 
  • être moins disponible à certains moments 
  • avoir besoin de poser un congé plus facilement 
  • ressentir davantage de fatigue 
  • avoir besoin de télétravailler ponctuellement 
  • s’interroger sur son temps de travail ou son organisation.

 

Cela ne signifie pas que l’on travaille moins bien ou que l’on est moins engagé. Cela signifie simplement qu’à certains moments, les contraintes de la vie personnelle peuvent rencontrer celles du travail. Parler de sa situation d’aidance au travail est une décision personnelle. On peut avoir envie d’en parler à son manager ou aux RH pour rechercher une solution. On peut aussi préférer garder cette situation dans la sphère privée. Les deux sont légitimes. En 2026, parmi les salariés aidants interrogés :

  • 54 % ont parlé de leur situation à leur manager ;
  • 32 % à des collègues ;
  • 25 % aux RH ;
  • 7 % n’en ont parlé à personne.


Parler ne signifie pas devoir raconter toute son histoire. Il est possible d’expliquer ce dont on a besoin sans donner de détails sur la santé, la situation ou la vie privée de son proche. Par exemple, il peut être suffisant de dire que l’on doit pouvoir modifier ponctuellement ses horaires, être disponible certains jours ou faire face à des absences imprévues. L’objectif est de partager ce qui est nécessaire pour trouver une solution, pas de justifier sa vie personnelle.

Quand demander de l’aide ? Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être épuisé ou de ne plus réussir à tout gérer pour chercher une solution. Un premier signal peut simplement être le sentiment que l’organisation habituelle devient difficile à tenir. On peut alors se poser quelques questions :

  • Est-ce que mes contraintes personnelles commencent à avoir un effet sur mes horaires ou mon organisation ?
  • Est-ce que je suis souvent obligé de modifier mon travail au dernier moment ?
  • Est-ce que ma fatigue commence à se faire sentir ?
  • Est-ce que je renonce à certains projets professionnels parce que je ne vois pas comment les concilier avec ma situation ?
  • Est-ce qu’un petit ajustement pourrait m’éviter une difficulté plus importante ?


Si la réponse est oui, cela peut être le bon moment pour en parler.

Demander un ajustement n’est pas reconnaître une faiblesse. C’est chercher une organisation qui fonctionne. Quelles solutions peuvent être envisagées ?

Il n’existe pas de solution universelle. Ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas convenir à une autre. Et une solution utile aujourd’hui peut devenir inutile ou insuffisante dans quelques mois. Parmi les possibilités qui peuvent être envisagées selon les situations et les règles de l’entreprise :

  • Modifier ponctuellement ses horaires. Commencer plus tôt, terminer plus tard, décaler certaines plages horaires ou organiser différemment sa journée peut parfois suffire à absorber une contrainte familiale. C’est l’une des solutions les plus souvent citées par les salariés aidants : 61 % considèrent les horaires aménagés ou modifiables comme facilitant leur maintien dans l’emploi.

  • Utiliser davantage la souplesse des congés. Pouvoir poser ses congés avec davantage de souplesse peut permettre de faire face à certains rendez-vous ou périodes particulières. 38 % des salariés aidants interrogés citent cette possibilité parmi ce qui facilite leur maintien dans l’emploi.

  • Télétravailler lorsque le poste le permet. Le télétravail peut parfois faciliter l’organisation d’une journée, réduire un temps de trajet ou permettre d’être plus facilement présent à son domicile. Mais télétravailler ne signifie pas être disponible pour son proche pendant son temps de travail. L’enjeu est de trouver une organisation qui permette de travailler dans de bonnes conditions.

  • Envisager temporairement une autre organisation. Selon les situations, il peut être possible de modifier temporairement la répartition des missions, les horaires ou certaines modalités de travail. Temporaire est ici un mot important. Une difficulté particulière ne signifie pas nécessairement qu’il faut changer durablement son organisation professionnelle.

  • Ne pas choisir trop vite une solution qui pourrait peser sur la suite.  Lorsqu’une situation devient difficile, la première envie peut être de réduire son activité ou de renoncer à certaines responsabilités. Cela peut parfois être la bonne décision. Mais cela mérite d’être réfléchi.


Passer à temps partiel peut libérer du temps, mais aussi réduire son revenu. Renoncer à une mobilité peut faciliter l’organisation à court terme, mais avoir des conséquences sur son parcours professionnel. Avant de prendre une décision durable, il peut donc être utile de se demander :

  • Est-ce que cette solution répond à un besoin temporaire ou durable ?
  • Quelles seront ses conséquences sur mon revenu ?
  • Est-ce qu’elle peut avoir un effet sur mon évolution professionnelle ?
  • Existe-t-il une solution moins définitive ?
  • Peut-on essayer cette organisation pendant quelque temps et faire ensuite le point ?


L’objectif n’est pas de refuser les changements. Il est de ne pas prendre une décision définitive pour répondre à une difficulté qui ne le sera peut-être pas. 
Vous n’avez pas à tout gérer seul. Lorsqu’une situation d’aidance devient difficile, il peut être tentant de chercher soi-même toutes les solutions. Pourtant, plusieurs interlocuteurs peuvent parfois aider. Selon l’organisation, cela peut être :

  • le manager ;
  • les ressources humaines ;
  • le service de santé au travail ;
  • le service social ;
  • un référent ou une personne identifiée sur les questions d’aidance ;
  • les représentants du personnel ;
  • les organismes ou associations spécialisés.


Le rôle de chacun n’est pas le même. Vous pouvez commencer par la personne avec laquelle vous êtes le plus à l’aise.

Vous n’avez pas besoin d’arriver avec une solution toute faite. Vous pouvez simplement expliquer ce qui est devenu difficile et chercher avec votre interlocuteur ce qui pourrait fonctionner. Et si je ne veux pas dire que je suis aidant ?

C’est possible. Vous n’êtes pas obligé de vous définir par votre situation familiale. Vous pouvez choisir de parler uniquement de la conséquence professionnelle de votre situation. Par exemple : « J’ai actuellement une contrainte familiale qui nécessite que je puisse modifier mes horaires certains jours. J’aimerais voir avec vous ce qui est possible. » ou « Ma situation personnelle a évolué et j’aurais besoin de davantage de souplesse pendant quelques semaines. Peut-on regarder ensemble les possibilités ? »

Vous pouvez ensuite décider de donner davantage d’informations… ou pas.

L’essentiel est de pouvoir parler de ce qui a un impact sur votre travail sans avoir à exposer ce que vous souhaitez garder privé. L’aidance peut aussi faire émerger de nouvelles compétences. Être aidant ne signifie pas uniquement rencontrer des difficultés. L’expérience peut aussi conduire à développer des compétences utiles dans la vie professionnelle :

  • organiser son temps ;
  • gérer plusieurs priorités ;
  • anticiper ;
  • s’adapter rapidement ;
  • communiquer avec différents interlocuteurs ;
  • résoudre des problèmes ;
  • faire preuve de persévérance ;
  • prendre des responsabilités.


En 2026, 89 % des salariés aidants en emploi interrogés déclarent avoir acquis ou développé de nouvelles connaissances ou compétences grâce à leur situation. Cela ne signifie pas qu’il faut « tirer quelque chose de positif » d’une situation parfois difficile. Mais si vous avez développé des compétences, vous pouvez aussi choisir de les faire reconnaître dans votre parcours professionnel.

Continuer à travailler peut aussi être une ressource

Lorsque l’aidance prend beaucoup de place, le travail peut parfois sembler être une contrainte supplémentaire. Mais il peut aussi représenter un espace important : retrouver des collègues, avoir une activité différente, conserver ses habitudes, exercer ses compétences, garder un lien social et préserver une part de son identité professionnelle. C’est pourquoi il n’existe pas de réponse unique à la question : « Comment travailler quand on est aidant ? ».

Pour certains, il faudra davantage de souplesse. Pour d’autres, quelques ajustements ponctuels suffiront. Et pour certains, la priorité pourra être de préserver autant que possible leur organisation professionnelle habituelle.

Le bon équilibre est celui qui correspond à votre situation ! Une situation peut changer : les solutions aussi.

L’aidance n’est pas nécessairement linéaire. Les besoins d’un proche peuvent évoluer. Une situation peut s’intensifier pendant quelques semaines puis redevenir plus stable. Un accompagnement peut commencer ou prendre fin. Votre organisation professionnelle peut donc avoir besoin d’évoluer elle aussi. Une solution qui fonctionne aujourd’hui n’a pas forcément vocation à durer indéfiniment. C’est pourquoi il peut être utile de prévoir un point après quelques semaines ou quelques mois :

  • Est-ce que l’organisation fonctionne toujours ?
  • Est-ce qu’elle répond encore à mon besoin ?
  • Est-ce qu’elle crée de nouvelles difficultés ?
  • Faut-il la maintenir, la modifier ou y mettre fin ?


Cette possibilité de réajuster permet d’éviter qu’un aménagement temporaire devienne permanent simplement parce que personne n’a pris le temps de refaire le point.

Quelques repères pour trouver son équilibre. Il n’est pas nécessaire de tout changer. Quelques réflexes peuvent déjà aider :

  1. Identifier ce qui est réellement difficile. Est-ce le temps de trajet ? Les horaires ? Les absences imprévues ? La fatigue ? Les rendez-vous ? La charge mentale ? Plus le besoin est précis, plus il est facile de chercher une solution adaptée.

  1. Distinguer l’urgence du long terme. Une difficulté cette semaine ne nécessite pas forcément une modification durable de votre contrat ou de votre organisation.

  1. Chercher d’abord les marges de manœuvre existantes. Horaires, congés, télétravail, organisation des réunions, répartition temporaire de certaines tâches… les solutions peuvent parfois être plus simples qu’on ne l’imagine.

  1. Ne pas attendre que la situation devienne intenable. Il est souvent plus facile d’ajuster une organisation lorsqu’une difficulté commence à apparaître que lorsqu’elle est déjà devenue une source d’épuisement ou de tensions.

  1. Garder un œil sur son parcours professionnel. Un aménagement peut être utile. Il faut aussi regarder ses effets sur le revenu, les responsabilités, les projets et les perspectives professionnelles.

  1. Refaire le point. Votre situation évolue ? Vos besoins changent ? Votre organisation doit pouvoir évoluer avec vous. Être aidant ne résume pas qui vous êtes :
  • vous pouvez être aidant et continuer à être pleinement professionnel.
  • vous pouvez avoir besoin de souplesse sans être moins engagé.
  • vous pouvez rencontrer une difficulté aujourd’hui et ne plus en rencontrer demain.
  • vous pouvez parler de votre situation ou choisir de ne pas le faire.
  • vous pouvez demander un aménagement sans vouloir changer durablement votre façon de travailler.
  • vous pouvez aussi ne rien demander du tout si votre organisation vous convient.


Il n’y a pas de “bonne” manière d’être aidant au travail.

L’enjeu est de pouvoir disposer de suffisamment de marge de manœuvre pour que votre vie professionnelle et votre situation personnelle puissent, autant que possible, trouver un équilibre.

Et lorsque cet équilibre devient plus difficile, vous n’avez pas à attendre d’être au bout de vos ressources pour chercher une solution !

N’hésitez pas à nous solliciter, chez Tilia nous sommes à votre écoute !

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