Comment organiser ses journées pour ne pas s’épuiser

Être aidant tout en travaillant est souvent décrit comme une course sans ligne d’arrivée. Les journées s’enchaînent, les urgences s’accumulent, et le temps pour soi se réduit peu à peu.

Beaucoup de salariés aidants avancent en mode automatique, jusqu’au moment où la fatigue devient trop lourde. Pourtant, il est possible d’organiser ses journées de telle sorte à préserver son énergie, sans culpabiliser ni viser la perfection.

Selon le baromètre News RSE IFOP près de ¾ des salariés aidants déclarent ressentir une charge mentale personnelle élevée. La majorité rapportent être stressés ou angoissés et ont l’impression d’être dépassés au quotidien.

Pour avancer sans s’épuiser, il peut être précieux de s’appuyer sur quelques repères simples, qui respectent la réalité de vos journées et ce que vous vivez au quotidien. Les recommandations ci-après ne ne visent pas à en faire plus ou de mieux, mais à vous permettre de traverser les journées avec un peu plus de souffle et davantage de sérénité.

1. Structurer ses journées pour réduire la charge mentale.

Tout faire, tout le temps, n’est ni possible ni souhaitable. Les travaux sur le stress montrent que le fait de réduire volontairement le nombre d’objectifs quotidiens diminue le sentiment de débordement et l’épuisement émotionnel. Une aide concrète consiste à penser l’organisation sur la semaine plutôt qu’au jour le jour.

Par exemple, regrouper à l’avance les rendez-vous médicaux, les démarches administratives ou les courses sur des créneaux précis permet d’éviter d’y penser en permanence. On peut également se créer une to-do list courte et réaliste, limitée à deux ou trois tâches essentielles par jour, aide à rester concentré sans se sentir submergé. Cette manière d’organiser son temps permet de visualiser ce qui compte vraiment et de terminer la journée avec le sentiment d’avoir fait l’essentiel, même si tout n’a pas été accompli.

2. Installer des repères simples pour se sentir moins débordé

Lorsque l’on accompagne un proche, les imprévus font partie du quotidien et peuvent donner le sentiment d’être en alerte permanente. Dans ce contexte, disposer de quelques repères fixes, même modestes, apporte une véritable stabilité psychologique.

Concrètement, il ne s’agit pas de rigidifier les journées, mais de leur donner une ossature rassurante. Par exemple, réserver un moment précis le matin pour les appels ou les démarches, identifier une plage dédiée au travail sans interruption lorsque c’est possible, ou encore s’accorder un temps personnel à heure relativement fixe en fin de journée. Certains aidants choisissent aussi de ritualiser des moments simples, comme une pause-café après le déjeuner, une courte marche à heure régulière, un temps de lecture ou de méditation. Ces repères permettent de mieux contenir les sollicitations et d’éviter l’impression d’être disponible en permanence, tout en laissant de la place aux ajustements lorsque cela est nécessaire.

3. Prendre du temps pour soi et se reposer.
De nombreux aidants mettent leur propre repos de côté, souvent parce que les besoins du proche passent en priorité ou parce que les journées semblent déjà trop pleines. Pourtant, les données sont sans ambiguïté : lorsque le repos manque, le risque d’épuisement augmente fortement. Pour un aidant, se reposer ne signifie pas forcément partir loin ou disposer de longues plages de temps libre. Cela peut être, par exemple, de se relaxer ou prendre un moment pour soi, lors d’une intervention à domicile ou une visite de soin pour s’isoler quelques minutes au calme, ou encore accepter de se coucher plus tôt certains soirs en laissant volontairement de côté des tâches non urgentes. Ces ajustements, souvent discrets, permettent de récupérer un peu d’énergie et de tenir dans la durée sans s’épuiser.
4. Ne pas rester seul face aux responsabilités.

Organiser ses journées, c’est aussi accepter que l’on ne puisse pas tout assumer seul. Reconnaître ses limites n’est ni un échec ni un renoncement, mais une manière de se protéger. De nombreuses solutions existent pour accompagner les aidants et alléger le quotidien.

Des associations spécialisées proposent information, écoute, formations et groupes d’échange entre aidants. C’est le cas de l’Association Française des Aidants, qui met à disposition de nombreuses ressources et dispositifs d’accompagnement.

Il existe aussi des plateformes nationales qui orientent vers des ressources locales, des aides et des dispositifs de soutien, en fonction de l’âge et du handicap de la personne accompagnée. Le portail Mon Parcours Handicap centralise de nombreuses informations utiles pour les aidants et les familles.

Enfin, lorsque la fatigue devient trop lourde, certaines solutions de répit peuvent être envisagées, comme l’accueil temporaire ou, dans certains territoires, le baluchonnage, porté notamment par Baluchon France, qui permet à l’aidant de s’absenter plusieurs jours tout en assurant la continuité de l’accompagnement auprès de son proche à son domicile.

S’appuyer sur ces relais, même de façon ponctuelle, permet de retrouver de l’espace mental, de rompre l’isolement et de rendre l’accompagnement plus équilibré, pour l’aidant comme pour la personne aidée.

Conclusion

Organiser ses journées lorsque l’on est aidant ne signifie pas tout maîtriser ni tout anticiper. Il s’agit plutôt de trouver, jour après jour, des équilibres possibles pour préserver son énergie et sa santé. Hiérarchiser, structurer, se reposer et s’appuyer sur des relais sont autant de leviers pour rendre le quotidien plus soutenable. Ces ajustements, parfois discrets, permettent de tenir dans la durée sans s’oublier soi-même. Prendre soin de son organisation, c’est aussi prendre soin de soi, afin de pouvoir continuer à accompagner son proche avec présence et humanité.

Vous êtes salarié et proche aidant ? Vous accompagnez un proche en perte d’autonomie liée à l’âge, la maladie ou une situation de handicap ?
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